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Vincent Lübeck
1654 - 1740
Vincent Lübeck vit le jour en 1654 à Padingbüttel.

Il grandit à Flensburg chez son beau-père Caspar Förckelrath (? - 1683), qui fut aussi très probablement son professeur d’orgue. Son propre père était mort en 1654, peut-être même fin 1653. Il est possible que Lübeck ait poursuivi sa formation à Hambourg auprès de Reincken ou de Matthias Weckmann, mais nous ne possédons encore à ce sujet aucun document historiographique concluant. Rien ne prouve non plus qu’il ait été en contact avec Buxtehude à Lübeck.

A l’âge de vingt ans, donc en 1674, Vincent Lübeck fut nommé organiste à l’église principale Saint-Côme-et-Saint-Damien de Stade. Stade était depuis 1645 la capitale des duchés suédois de Brême-et-Verden, et Vincent occupait ainsi l’un des postes d’organiste les plus importants dans la partie occidentale de l’Allemagne du nord.

En 1690, Vincent Lübeck fut nommé organiste titulaire de l’église d’état («Etatskirche») à Stade par le gouvernement suédois. Cette promotion ne le déchargeait toutefois pas de ses obligations à Saint-Côme. Il se faisait le plus souvent remplacer à l’église d’état par un de ses nombreux élèves.

En juin 1702, le consistoire de l’église principale Saint-Nicolas à Hambourg élut par vote secret Vincent Lübeck comme organiste et scripteur. C’est pour Saint-Nicolas qu’Arp Schnitger avait construit en 1687 le plus grand instrument de son temps, avec 4 claviers et 66 jeux (ou 67). A Stade, Vincent Lübeck fut remplacé par son fils aîné, Peter Paul.

Comme déjà à Stade, Vincent Lübeck fut à Hambourg un conseiller précieux en matière de facture et de réparation d’orgues. Durant leur collaboration à Stade, Lübeck et Schnitger avaient développé une relation d’étroite confiance.

Lübeck expertisa une vingtaine d’orgues de Schnitger, comme en témoigne une de ses lettres adressées au conseil municipal de Zwolle, tandis qu’il n’en réceptionna que trois d’autres facteurs.

Malgré son amitié pour Schnitger, il restait manifestement toujours impartial et signalait les défauts à chaque fois que cela lui semblait nécessaire – sans égard à la personne de Schnitger. Il intervenait même dans la composition des instruments, donc dans la conception musicale! Parfois même, Schnitger concevait ses plans en collaboration avec Vincent Lübeck. Ce dernier est donc l’un des rares organistes de son époque dont le travail fut étroitement lié aux activités d’un facteur d’orgue.

En 1734, Vincent Lübeck pria le président du conseil administratif de la paroisse d’engager son fils Vincent comme assistant, « car je deviens maintenant âgé ». Il décéda le 9 février 1740 et son fils hérita du poste d’organiste à l’église Saint-Nicolas d’Hambourg.